Pharmacy and herbal lore were parts of the classical Dioscorides’ Greek common heritage and of the traditional african medicine

Pour la protection de certaines espèces de plantes
africaines rares ou menacées de le devenir.
Contact : michel.adanson@free.fr
Jusqu’en Avril 1995, la Législation sénégalaise ne prévoyait que quatre types de personnes morales créées pour l’atteinte d’objectifs et de buts déterminés : la société civile, l’association, la société commerciale et le groupement d’intérêt économique. Ces entités juridiques prirent, en pratique, la forme d’association, qu’elles soient de droit commun, reconnu d’utilité publique ou organisation non gouvernementales agrées.
Avec le développement du mécénat et d’autres formes d’initiatives visant à la promotion et/ou au financement d’œuvres d’intérêt général, le législateur sénégalais fut amené à enrichir le cadre juridique des associations d’un nouveau type de regroupement : la Fondation.
Alors que l’association classique se présente comme une convention entre deux ou plusieurs personnes mettant en partage leurs connaissances, biens ou activités pour tout autre objectif que la répartition de bénéfices, la Fondation sera définie comme « la personne morale créée par une ou plusieurs personnes physiques ou morales qui décident d’affecter irrévocablement des biens, droits ou ressources à une œuvre d’intérêt général et à but désintéressé ».
Le statut de la Fondation, son objet de fonctionnement seront la matière de la « Loi n° 95 – 11 du 07 Avril 1995, instituant la Fondation d’utilité publique au Sénégal » promulguée dans le journal officiel de la République du Sénégal du 18 Janvier 1995.
C’est dans les environs de Saint-Louis que Michel Adanson a puisé sa vision du monde et c’est là où il a découvert la Méthode de classification naturelle, qui est à la base de la classification moderne.
Michel Adanson, 1727-1806, botaniste français, né à Aix-en-Provence et mort à Paris. Il part de Paris en décembre 1748 pour Lorient d’où il s’embarquera pour le Sénégal. « je pensais que rien ne serait plus utile que d’employer ma jeunesse à faire un voyage dans quelque pays éloigné, persuadé que je rapporterais beaucoup de connaissances nouvelles pour l’Europe… Je savais que l’Afrique équinoxiale n’avait été visitée par aucun naturaliste et que par conséquent j’avais un vaste champ d’observation à moissonner ». Michel Adanson, à partir de 1749, circula quatre années entre Saint-Louis, Dakar, Podor et la Gambie. A son retour en France, il annonça son projet de publier une Flore du Sénégal dans laquelle « je me bornerai à décrire les 500 espèces que le temps m’a permis d’observer scrupuleusement et dont 300 sont nouvelles » ; mais ce travail ne fut jamais publié. Les plantes récoltées sont conservées dans l’Herbier Adanson du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris1. Cet herbier fait partie de la collection des herbiers historiques du Muséum, avec ceux de Tournefort, des Jussieu, de Lamarck. L’étude de son herbier et la lecture de son récit Voyage au Sénégal2 nous permettent de nous faire une idée très vivante de la biodiversité animale et végétale de cette époque. Adanson a pu réaliser un inventaire très complet de la flore du Sénégal, en visitant ses principaux écosystèmes : les écosystèmes arides et semi-arides, sub-guinéens, fluviaux, lacustres et marins. Son séjour sera aussi l’occasion d’importantes récoltes de coquillages, de petits mammifères, d’oiseaux, de minéraux, etc. C’est au cours de son séjour au Sénégal qu’il invente une nouvelle méthode de classification publiée en 1763 dans Familles des Plantes, ouvrage fondateur de la taxonomie moderne. Le genre Adansonia (le baobab) lui a été dédié par B. de Jussieu
1 Les planches des plantes récoltées par Adanson sont présentées pour la première fois dans l’eBook Nouvelle Flore illustrée du Sénégal et des régions voisines, publiée par Jacques Mugnier http://www.agroservices.fr
2 Voir Le Voyage au Sénégal de Michel Adanson avec une préface de Me Abdoulaye Wade, sur le même site, publié par Jacques Mugnier.
Pour gérer la biodiversité et les ressources végétales il est indispensable de proposer un inventaire exhaustif des toutes les espèces de plantes croissant au Sénégal et dans les régions voisines (Mauritanie, Mali, Guinée-Bissau, Guinée et Gambie). La Fondation a pour mission d’encourager la compilation d’informations existantes ou restées à l’état de projet sur les plantes du Sénégal et des régions voisines en une base de données et susciter des vocations chez de jeunes botanistes. Ce projet vise aussi à faire connaître et à conserver globalement les plantes médicinales, leur habitat et promouvoir leurs exploitations durables.
Le Sénégal et ses régions voisines possèdent une biodiversité considérable : 3350 espèces de plantes à fleur dont quelques-unes sont endémiques, c’est-à-dire qu’elles ne se rencontrent que dans cette partie de l’Afrique. Plus d’un millier d’espèces de la flore sont utilisées dans des préparations de médecine traditionnelle. Cette richesse est menacée par : (a) la cueillette à outrance et le manque de respect pour l’habitat ; (b) demande accrue pour des terres agricoles et des pratiques de cultures comme la culture sur brulis ; (c) l’absence de réglementation adéquate et de conscientisation et (d) l’abandon de l’utilisation des plantes au profit de produits manufacturés importés et (e) la disparition des connaissances ancestrales sur les plantes médicinales et leurs utilisations.
Les débuts de l’étude de la végétation tropicale africaine date du 18e siècle avec les récoltes d’Adanson, Mungo Park, Smeathmann, Afzelius, Palisot de Beauvois, pour ne citer que les principaux des premiers collecteurs en Afrique de l’ouest. Il faut arriver au 19e et surtout au 20e siècle, pour voir se multiplier les explorations botaniques. Mais les travaux effectués sur la Flore du Sénégal et des territoires limitrophes sont restés très fragmentaires. La connaissance botanique de cette région n'a guère évolué depuis les années 1970, en dehors de quelques essais ponctuels. Pour le Sénégal, l’ouvrage de référence est la 2e édition de la Flore du Sénégal de J. Berhaut (1967). L'ouvrage de référence sur la flore de Guinée reste celui de Pobéguin, publié en 1906 ! Rien pour le Mali. On peut consulter quelques herbiers, souvent en mauvais état, créés pendant cette période : - herbier de Jean Berhaut de l’UCAD contenant les plantes récoltées dans les années 1960 ; - herbier Jacques-Georges Adam de l’Institut Fondamentale d’Afrique noire (IFAN) de Dakar, de la même époque ; - herbier de l'ORSTOM à Dakar-Hann commencé en 1975 qui compte un millier de références essentiellement consacrées à la flore sahélienne.
Malgré l’importance grandissante prise aujourd’hui par la biodiversité, on peut dire - si paradoxal qu’il paraisse – qu’aucun ouvrage général n’a paru sur les plantes de l'Afrique de l'Ouest. La connaissance des plantes de l’Afrique occidentale est incluse dans des ouvrages anglophones, tel que la Flora of West Tropical Africa (FWTA) de Hutchinson et Dalziel parue en 1958, ou dans des ouvrages qui traitent des plantes médicinales avec la parution en 1937 du célèbre ouvrage de Dalziel The useful plants of west tropical Africa paru en 1937.
Le premier objectif de la Fondation Michel Adanson est la diffusion d’une
L’Ebook contient tous les travaux (déjà publiés ou inédits) réalisés sur les plantes Sénégal et des pays limitrophes (Tableau 1). On y trouvera l’inventaire de toutes les plantes croissant dans ces régions, les noms vernaculaires parlées dans les langues du Sénégal, et de leurs usages domestiques et pharmaceutiques. Le tableau 1 présente les auteurs ayant contribué à la rédaction de cette Flore, dont les plus célèbres sont Michel Adanson, Auguste Chevalier (Muséum), André Aubréville (Eaux et Forêts des Colonies, Muséum), Jacques-Georges Adam (CNRS, IFAN), Jean Trochain (IFAN), les Pères Albert Sébire et Jean Berhaut (Congrégation du Saint-Esprit) et Constant Vanden Berghen (Université catholique de Louvain, Jardin botanique de Belgique). Tous ces travaux sont inestimables quand on sait que le mode de vie des populations sénégalaises a évolué si rapidement ces dernières années, que des pans entiers des connaissances traditionnelles sont peut-être en train d’être perdus à tout jamais.
| Auteurs | Dates | Titre | Nature de la publication |
| Dioscoride | 80-90 | Materia medica | Dessins |
| Van Rheede | 1678-1693 | Hortus Malabaricus | Dessins |
| Tournefort | 1694 | Eléments de Botanique | Dessins |
| Charles Plumier | 1703 | Traité des Plantes de l'Amérique | Dessins |
| M. Le Gagneur | 1744 | Plantes médicinales de Bissao | Diagnoses |
| Michel Adanson | 1749-1753 | Flore du Sénégal | Planches d'herbier |
| Georges Samuel Perrottet | 1833 | Floræ Senegambiæ tentamen | Dessins |
| A. Corre | 1876 | La matière médicale des Noirs au Sénégal | Diagnoses |
| Joseph Vallot | 1882 | Etude sur la Flore du Sénégal | Diagnoses |
| Albert Sébire | 1899 | Les plantes utiles du Sénégal | Dessins et clichés |
| Charles-Henri Pobéguin | 1906 | Essai sur la Flore de la Guinée française | Clichés |
| John Hutchinson et J. Dalziel | 1936 | Flora of West Tropical Africa (Monocotylédones) | Diagnoses et dessins |
| Auguste Chevalier | 1939 | Flore vivante de l'Afrique occidentale française | Diagnoses et dessins |
| Jean Trochain | 1940 | Contribution à l'étude de la végétation du Sénégal | Clichés |
| Santo do Espirito | 1948 | Plantas da Guiné Portuguesa | Liste de plantes |
| André Aubréville | 1950 | Flore forestière soudano-guinéenne | Diagnoses et dessins |
| Guy Roberty | 1953-1954 | Notes sur la Flore de l’Ouest africain | Liste de plantes |
| A. Naegelé | 1958 | Groupements végétaux de la Mauritanie | Liste de plantes |
| Jean Berhaut | 1954 | Flore du Sénégal (1e éd.) | Dessins |
| John Hutchinson et J. Dalziel | 1963 | Flora of West Tropical Africa (second edition) | Lieux de récolte |
| Jean Berhaut | 1967 | Flore du Sénégal (2e éd.) | Diagnoses et dessins |
| Georges Fotius | 1967 | Lexique des noms vernaculaires concernant la Flore du Nord et de l’Est du Sénégal | Lexique |
| Jacques-Georges Adam | 1971-1975 | Flore descriptive des Mts Nimba (4 Tomes 1-4) | Diagnoses et dessins |
| Jean Berhaut | 1971-1979 | Flore illustrée du Sénégal (Tomes 1 à 6) | Diagnoses et dessins |
| Jacques-Georges Adam | 1970 | Noms vernaculaires des plantes du Sénégal | Lexique |
| Jean Kerharo et J.- G. Adam | 1974 | La pharmacopée sénégalaise traditionnelle | Propriétés médicinales |
| Jacques-Georges Adam | 1981 | Flore descriptive des Monts Nimba (Tome 5) | Diagnoses et dessins |
| Constant Vanden Berghen | 1988 | Flore illustrée du Sénégal (Tome 9) | Diagnoses et dessins |
| J.P. Barry et J.C. Celles | 1991 | Flore de Mauritanie (2 tomes) | Dessins |
| Constant Vanden Berghen | 1999 | Une introduction à un voyage en Casamance | Dessins |
| Pierre Poilecot | 1999 | Les Poaceae du Niger | Diagnoses et dessins |
| Michel Arbonnier | 2002 | Arbres, arbustes et lianes des zones sèches d'Afrique de l’W | Diagnoses et dessins |
| Luis Catarino et al. | 2006 | Plantes vasculaires de la Guinée-Bissau | Liste de Plantes |
| Jean-Louis Pousset | 2004 | Plantes médicinales d'Afrique | Clichés |
| Constant Vanden Berghen | 2008* | Flore illustrée du Sénégal (Tomes 7 et 8) | Diagnoses et dessins |
| Jean Berhaut | 2008* | Flore illustrée du Sénégal (Tome 10) | Diagnoses |
| * Publication posthume |
L’eBook propose des moteurs de recherche qui sont des outils de travail indispensables en informatique.
L’eBook a été conçu pour les professionnels de disciplines différentes, de l’agriculture et de la médecine, les professeurs de l’enseignement primaire et secondaire qui, dans les régions rurales, souvent pauvres, travaillent le plus souvent dans des conditions difficiles (difficulté d’accès aux volumineuses Flores et documents divers). De façon pédagogique, il s’adresse à tous les enseignants désireux de mener un projet d’éducation à l’environnement, qu’ils soient seuls ou en équipe, dans un contexte d’éducation formelle ou non formelle. Les enseignants peuvent, par exemple, développer un projet thématique (dans l’esprit d’une «classe à thème» sur la perte de la biodiversité ou de l’usage des plantes médicinales ou d’une «classe à projet sociologique et culturel» sur la dimension universelle des plantes).
D’un point de vue éducatif : aider les enseignants à transmettre à leurs élèves des informations scientifiques et des connaissances sur l’environnement d’une manière attrayante et ludique par l’utilisation d’un support informatique. À plus long terme, l’objectif est de développer parmi les futurs techniciens et ingénieurs impliqués dans les problèmes d’environnement et leur communauté la capacité de lutter contre la désertification et la dégradation des terres tout en favorisant la conservation de la biodiversité.
D’un point de vue pharmacologique. L’eBook permet de reconnaître les plantes médicinales et de les utiliser. Il devrait être utile aux médecins qui souhaitent employer les plantes médicinales, aux infirmiers, pour les soins de santé primaire, et, pour tous ceux qui par conviction préfèrent utiliser les remèdes naturels. La rubrique Usages permet de connaître le mode d’administration des plantes.
D’un point de vue écologique. L’eBook permet de développer le sens critique et une réflexion par rapport à l’impact des activités humaines sur l’environnement. En résumé, l’approche créative fonctionne en deux temps:
• Susciter la connaissance de l’environnement par des activités créatives, suggestives, permettant de redécouvrir et d’apprécier le milieu naturel et la biodiversité.
• Sensibiliser au développement durable par des activités plus avancées (connaissance floristique et écologique du monde végétal), également créatives, qui demandent une participation soutenue à la préservation de la biodiversité et réaliser un inventaire exhaustif des plantes croissant actuellement au Sénégal, en le comparant à celui présenté dans l’eBook (couvrant une période depuis le 18e siècle).
• Initier des vocations en botanique fondamentale et de terrain, en systématique végétale et dans l’étude des groupements végétaux en relation avec le milieu (phytosociologie, phytogéographie, phytoécologie, et disciplines annexes).
• Conserver les plantes rares et endémiques.
• Promouvoir l’exploitation durable des ressources naturelles dans des habitats en voie de disparition.
• Préserver et augmenter les connaissances sur les plantes médicinales ainsi que leur culture et conservation durable.
• Augmenter les choix d’opportunités plus dynamiques et mieux rémunérés pour les guérisseurs et les cultivateurs, vivant à proximité de réserves visitées de plus en plus par les touristes (voir Niayes et l’île de Kalem-ellal aux § suivants).
• Les revenus tirés de la vente de l’eBook vendu sur la toile internet (référencié chez Google) serviront à financer des projets de protection de l'environnement et de valorisation économique pour une zone naturelle située en Basse-Casamance : l’île Kalem-ellal et d’une niaye (à définir selon les autorisations administratives).
La Basse-Casamance est certainement la province floristiquement la plus riche et la plus variée du Sénégal. Situé au Sud de ce territoire, entre la Gambie et la Guinée Bissau, elle est parfois intégrée par certains auteurs dans le domaine forestier guinéen ; les formations végétales y sont très variées. Les îlots forestiers dans cette région sont maintenant très rares puisque les rizières ont peu à peu fait disparaître les anciennes forêts marécageuses. Il semble qu’il en existe pas d’autres que celle d’Oussouye, aussi bien pourvues en essences guinéo-équatoriales.
L’île de Tamani (région d’Elinkine) est une belle relique forestière et herbacée dont l’inventaire partiel a montré la présence d’espèces sub-guinéennes et de quelques espèces guinéennes vraisemblablement à la limite septentrionale de leur aire. Toute une graduation existe qui influence la végétation, passant des halophytes de la mangrove à des plantes de la forêt guinéenne qui persistent encore sur un sol immergé et compact. La végétation naturelle a été maintenue en grande partie à cause de l’insularité de son habitat.
Nous n’avons pas encore réalisé l’inventaire détaillé de ce bois ; nous ne ferons que mentionner quelques espèces : Alchornea cordifolia, Anthocleista procera, Anthostema senegalensis, carapa procera, Ceiba pentendra, Coelacaryon oxycarpum, Cola heterophylla, Elaeis guineensis, Eugenia sp., Mana lancea, Macaranga heterophylla, Mammea africana, Pandanus sp., Parinari excelsa, Piper guineense, Pseudospondias microcarpa, Pycnanthus angolensis, Raphia vinifera, Raphiostylis beniensis, Sygygium sp., Trecularia africana, Uapaca guineensis, Xylopia aethiopica, et de quelques espèces introduites comme le Nim et le pommier de Cayor.
Cet inventaire est déjà très intéressant car il est rare de pouvoir trouver sur un territoire aussi restreint une telle abondance d’espèces climatiquement variées.
1 Communauté rurale d’Elinkine, département d’Oussouye. L’île est à moins de 30 mn en pirogue du village.
Exemple d’étiquetage : santan (île de Tamani).
Depuis longtemps, la région des Niayes a attiré l’attention des botanistes. Le port des palmiers à huile, les buissons et les arbres verdoyants contrastant avec des sables déshérités, indiquent de loin, la présence d’une végétation luxuriante dans cette nature sans pluies pendant huit mois de l’année.
Les Niayes qui caractérisent la région de la presqu’île du Cap vert doivent leur existence à la présence d’une nappe d’eau douce affleurante dont l’alimentation s’effectue par les pluies de juillet à octobre ; elle surmonte une nappe salée qui provient des infiltrations marines et doit son maintien puisqu’elle surnage l’eau salée. Cette lame affleurante remplace en grande partie l’absence de pluies et la proximité de la mer apporte à l’atmosphère une humidité qui facilite le maintien de microclimats presque saturés toute l’année à l’abri des arbres et des buissons. La flore y est variée et l’Elaeis guineensis est exclusif pour ce secteur climatique ; il y a de nombreuses présences de plantes du domaine guinéen et du secteur casamançais. C’est ainsi que des espèces qui croissant avec 1500 à 2000 mm d’eau et plus, régulièrement répartis dans l’année, se développent avec exubérance aux environs de Dakar avec 550 mm en moyenne en quatre mois.
Citons parmi les plus remarquables quelques fougères (lycopodium, cyclosurus, ceratopteris), des arbustes (Grumilea psychotrioides, Harungana madagascariensis, Trema orientalius, Antidesma venosum, Xylopia vallottii, Macaranga heudelotii), une belle Capparidacées (Ritchea frangans), un roting (Calamaus deeratus), des arbres (Alstonia boonei, Anthocleista procera, Xylopia arthiopica, Antiaris africana, celtis philippensis), une Aracée (Cystosperma senegalensis) qui atteignait dans une niaye de Sangalkam, 2 m de hauteur avec quelques exemplaires qui n’ont rien à envier pour la vigueur à ceux des forêts marécageuses de l’Afrique tropicale humide (d’après J.-G. Adam, 1953. Bull. Soc. Fr. 100 : 153-158). La végétation guinéenne y domine, mais on peut y inclure aussi des herbacées soudaniennes croissant dans les marécages.
Les Niayes disparaissent insensiblement au Nord de Dakar du fait de la diminution des pluies qui deviennent insuffisantes pour alimenter le sous-sol en eau. Le développement des cultures maraîchères sur ces terres riches, humifères, humides, corrélativement avec le développement rapide de Dakar, s’est effectué au détriment de la végétation naturelle. Les légumes européens ont trouvé dans ce milieu un biotope extrêmement favorable à leur développement.
Le R.P. Berhaut qui parcourait le Sénégal pour la préparation de sa flore fut frapper par la richesse floristique de ces boqueteaux isolés au milieu des steppes arides ; il remarqua la cadence accélérée de leur disparition. C’est alors qu’il entreprit, en 1950, des démarches auprès des autorités politiques, administratives et scientifiques pour faire classer quelques niayes : celle dite de la Porcherie de Sangalkam, celle de Noflaye et quelques autres vers Kayar. Malheureusement il aurait fallu prévoir, pour quelques centaines de m2, des indemnités de déguerpissement, ce qui entraînant en plus la mise en action de nombreux services administratifs.
On ne peut que déplorer le défrichement de la flore guinéenne des niayes et de n’avoir pas pu en protéger quelques lambeaux. Les vestiges des niayes sont de précieuses reliques non seulement intéressantes pour la botanique, mais ce sont les derniers témoins d’un passé climatique moins aride, mais aussi pour tous ceux qu’intéresse l’histoire du Cap Vert et ses possibilités d’évolution (intérêt scientifique, culturel, touristique). Les Niayes sont en voie de disparition avant même que leur étude soit bien avancée.
1 Niaye est un mot wolof masculin, employé maintenant en français au féminin ; Il désigne un groupement de végétaux (boqueteaux de palmier à huile qui entourent les étangs littoraux plus ou moins colmatés (définition de Tochain, La végétation du Sénégal).
Les plantes sélectionnées seront réintroduites à la fois dans une Niaye des environs de Dakar et dans une forêt marécageuse de la région d’Oussouye.
Etude d’un exemple : le Grand Arum du Sénégal a disparu des Niayes mais aussi de nombreuses régions de la Casamance. Les propriétés médicamenteuses de cette plante sont particulièrement intéressantes : la décoction des racines serait un sédatif pour les nerveux et les agités ; les frictions faites avec la pulpe des tiges auraient une action analgésique (‘calmante’) sur les douleurs généralisées (J. Berhaut).


Projet d’étiquetage du Grand Arum du Sénégal
(J. Mugnier, Djibélor, Ziguinchor © Fondation Michel Adanson)
La Fondation Michel Adanson propose de promouvoir l’aménagement de parcs botaniques dans les Niayes des environs de Dakar et dans des îles de la région d’Oussouye, sous une forme d’excursions responsables dans ces espaces naturels en contribuant à la protection de leur environnement et à la veille du bien être des populations locales.
Cette forme de réserves botaniques regroupe les caractéristiques suivantes :
1. Initiation à la botanique avec l’aide de l’Ebook Nouvelle Flore Illustrée du Sénégal (NFIS). Aucun botaniste professionnel n’encadrera les excursions ; les indications des noms locaux et l’utilisation des Index, l’étiquetage des grands arbres, les dessins et diagnoses de la NFIS, serviront à l’identification des plantes.
2. Initiation à l’ornithologie pour l’identification des oiseaux que l’on peut observer au cours des excursions botaniques (exemple du rollier d’Abyssinie) ; cette initiation sera réalisée par la S° Casamance Adoption Voyage dirigée par Adrien Manga (inscrite au registre du Commerce et du Crédit immobilier du tribunal de Commerce de Ziguinchor sous le n° SN.ZGR.2007.A.300. - Manga Adrien, Enampor (Casamance, Sénégal), auteur avec Constant Vanden Berghen d’Une Introduction à un voyage en Casamance. Enampor, un village de riziculteurs en Casamance, au Sénégal. L’Harmathan, 1999.
adriendemanga@yahoo.fr

Rollier d’Abyssinie (cliché J. Mugnier et A. Manga, Enampor © Fondation Michel Adanson).
3. Excursion axée sur la nature (circuits botanique et ornithologique), encadrée par un tradipraticien ou par un initié connaissant les plantes du territoire exploré.
4. Constitution de petits herbiers pour l’aide à l’identification des plantes ‘difficiles’ qui seront étudiées au retour de l’excursion.
5. Initiation sur les savoirs traditionnels (connaissance des noms dans les langues parlées au Sénégal, usages des plantes médicinales, usages médico-magiques …).
6. Education et interprétation de l'environnement (historique des réserves, activités des abeilles et autres insectes, petits mammifères et oiseaux, action de l’homme, introduction de plantes, cultures …).
L'herbier, un outil pour le botaniste
L’herbier est un formidable outil pédagogique, une méthode concrète pour découvrir le monde des plantes. Outil indispensable pour combler les inévitables failles de la mémoire du botaniste débutant comme celle de l’amateur confirmé ; l’herbier est aussi un outil de comparaison, donc de progression. Dans cet esprit l’herbier est particulièrement utile, voire indispensable, pour les espèces ‘difficiles’.
La confection d’un herbier passe obligatoirement par le prélèvement, donc par la destruction partielle ou totale des plantes récoltées. Il convient donc d’être prudent dans ses récoltes. Toutes les espèces protégées doivent évidemment en être exclues. De plus, le botaniste respectueux ne collectera pas les plantes rares de la région, les espèces peu abondantes sur leur station.
Dans l’objectif de réaliser un herbier exhaustif, un exemplaire sera conservé par le récolteur et un double avec un étiquetage complet (date et lieu de la récolte, nom de l’espèce, N° d’entrée, noms locaux, dessins et n° de page de la NFIS …) sera conservé dans l’Herbier de la Fondation Michel Adanson.

Pavetta corymbosa. Herbier de J. Berhaut conservé au Jardin Botanique de Belgique. Cliché J. Mugnier © Fondation Michel Adanson.



Pavetta corymbosa. Dessins de Berhaut et de Vanden Berghen (NFIS p. 1796)
L’herbier-photo de la Fondation Michel Adanson
S’il n’a pas la précision de l’herbier traditionnel, l’herbier photo présente l’avantage d’éviter la cueillette et reste d'un moindre encombrement. Nombre d’espèces sont impossibles à déterminer à partir de photos. Toutefois, dans la majorité des cas, celles-ci peuvent rendre de véritables services, notamment pour les espèces n’ayant pas leur place dans un herbier (plantes menacées, protégées, rares, ou de taille trop importante pour un herbier classique). Photographier des échantillons permet en outre d’apporter la couleur et d’offrir, en prime, les avantages du classement informatique. Enfin, cette technique permet d’associer le végétal à son milieu. L’avantage majeur de l’herbier-photo est certainement le faible investissement financier qu'il exige. Nous ne ferons pas ici, l’inventaire des différentes techniques et matériels. Indiquons simplement que l’on peut déjà faire des clichés intéressants avec un appareil numérique à partir d’environ 50 à 60 €.
Une des voies les plus efficaces pour promouvoir la protection de la biodiversité est d’en tirer une activité rentable : exploitation de Produits Forestiers Non Ligneux (voir l’exemple du Carapa), développement de médicaments, …
Les produits issus de la pharmacopée africaine proviennent du règne animal, végétal et minéral ; mais la flore représente de très loin la source la plus importante. Les pratiques de la médecine traditionnelle ont existé en Afrique depuis des temps séculaires, bien avant l’arrivée de la médecine européenne (voir les plantes médicinales de Bissau de Le Gagneur, 1744, annotées par Michel Adanson). Elles ont résisté à la colonisation, malgré les dispositions prises en cette période pour supprimer sa pratique. Réservoir de connaissances, de philosophie et de cosmogonie, la médecine traditionnelle non seulement offre des possibilités de traitements efficaces et accessibles, mais constitue aussi un héritage culturel national et un moyen de relier les populations à leur propre histoire et à leur propre culture. La médecine traditionnelle a prouvé son efficacité dans le traitement de nombreuses maladies et c’est la raison pour laquelle elle survit et tend même à se développer parallèlement et de façon complémentaire à la médecine dite conventionnelle.
L’organisation Mondiale de la Santé (OMS) propose une classification des médicaments issus de la pharmacopée africaine. Cette classification adoptée aussi par l’Organisation Africaine de la Propriétés Intellectuelle (OAPI), distingue 4 catégories de médicaments.
Le médicament de la catégorie 1 est préparé de manière extemporanée pour un patient ; les matières premières sont bien connues du tradipraticien et peuvent être fraîches ou sèches et la conservation est généralement de courte durée.
Le médicament de la catégorie 2 est issu de la pharmacopée traditionnelle populaire, avec des applications commerciales et est qualifié de médicament traditionnel amélioré (MTA). Les matières premières entrant dans sa composition sont très bien connues de la population ; sa production est obtenue suivant des méthodes garantissant sa stabilité et sa standardisation ; sa production est artisanale ou semi-industrielle ; son innocuité et son efficacité sont garanties par l’évidence ethnomédicale d’une longue expérience d’utilisation.
Le médicament de la catégorie 3 est issu des instituts de recherche. Sa production est industrielle ou semi-industrielle et sa durée est fixée par des essais de stabilité. Les principes actifs sont des extraits standardisés. Son efficacité et son innocuité sont prouvées par des essais pré-cliniques et cliniques conduits selon les protocoles standards.
Le médicament de la catégorie 4 se distingue de celui de la catégorie 3 par le seul fait que les principes actifs sont des molécules purifiées. Sur les 25 produits pharmaceutiques les mieux vendus dans le monde, 12 ont une origine naturelle. Plusieurs plantes africaines ont servi à l’identification de nouvelles molécules douées de multiples activités pharmacologiques. Nous citons certaines de ces plantes utilisées dans la médecine moderne : Catharanthus roseus, Rauwolfia vomitora, Rauwolfia serpentina, Strophanthus gratus, Tabernanthe iboga et Voacanga africana (Apocynacées), Physostigma venonosum (Papilionacées), Pausinystalia yobimbe (Rubiacées), Cassia acutifolia, Cassia italica (Césalpiniacées), Combretum micranthum (Combrétacées), Pygeum africanum (Rosacées), Harpagophytum procumbens (Pédaliacées), etc.




Les médicaments issus de la pharmacopée traditionnelle sont présentés sous différentes formes telles que les feuilles ou écorces séchée, en vrac dans des sacs sans indication du tout, ou sous des étiquetages rudimentaires (néwo). Cliché J. Mugnier, marché Tilène à Dakar © Fondation Michel Adanson
Le laboratoire d’Ethnopharmacologie de la Fondation Michel Adanson installé au Sénégal (Ziguinchor) tente de rassembler dans une approche complémentaire deux disciplines qu’a priori tout sépare : (1) les conceptions vernaculaires des remèdes et de leur mode d’emploi et de leur efficacité, qui s’inscrivent le plus souvent dans une conception relativiste de la nature, et (2) les industriels des biotechnologies.
Les tests pharmacologiques englobent des modèles animaux mais surtout des organismes de complexité moindre (embryon, méristèmes, culture de cellules, etc) ; les analyses physico-chimiques mettent en œuvre des outils analytiques (spectrométrie de masse, HPLC, …) ; les tests pharmacologiques et les analyses physicochimiques ne sont généralement disponibles que dans les laboratoires européens (Institut des Sciences analytiques, CNRS, firmes pharmaceutiques …).
L’étude chimique des plantes médicinales a pour objectif :
- dans un premier temps la connaissance de la composition qualitative de la formulation utilisée en médecine traditionnelle
- dans un deuxième temps de doser la ou les molécules intervenant dans l’activité
- l’étude chimique du végétal lui-même au cours de son stade végétatif de manière à optimiser la période de récolte et le procédé d’extraction en vue d’obtenir une activité optimale.
- et, enfin, l’identification du principe actif.
Activités du laboratoire
- Préparation des extraits : selon la tradition.
De nombreuses études pharmacologiques montrent l’intérêt de tester les extraits végétaux tels qu’ils sont préparés de façon traditionnelle (mode de cueillette, séchage, stockage …).
Dès que l’on envisage une étude pharmacologique in vitro, le problème de la solubilisation des extraits testés se pose. La préparation des extraits selon la tradition peut être réalisée de différentes manières à partir de la plante sèche ou fraîche. Le laboratoire va préparer des extraits sous forme de poudre, de suspension, d’émulsion, ou de solution obtenue au moyen d’un solvant de solubilisation, suivi de l’élimination du solvant (lyophilisation). Il est souvent nécessaire de traiter plusieurs kg de feuilles ou des racines fraîchement récoltées pour obtenir quelques ml de solvants renfermant le principe actif. L’étude chimique rationnelle d’une plante médicinale réalisée doit aussi tenir compte des modifications qui peuvent intervenir au cours du séchage ou en fonction du procédé d’extraction de la plante.
- Préparation des extraits : selon la tradition. De nombreuses études pharmacologiques montrent l’intérêt de tester les extraits végétaux tels qu’ils sont préparés de façon traditionnelle (mode de cueillette, séchage, stockage …). Dès que l’on envisage une étude pharmacologique in vitro, le problème de la solubilisation des extraits testés se pose. La préparation des extraits selon la tradition peut être réalisée de différentes manières à partir de la plante sèche ou fraîche. Le laboratoire va préparer des extraits sous forme de poudre, de suspension, d’émulsion, ou de solution obtenue au moyen d’un solvant de solubilisation, suivi de l’élimination du solvant (lyophilisation). Il est souvent nécessaire de traiter plusieurs kg de feuilles ou des racines fraîchement récoltées pour obtenir quelques ml de solvants renfermant le principe actif. L’étude chimique rationnelle d’une plante médicinale réalisée doit aussi tenir compte des modifications qui peuvent intervenir au cours du séchage ou en fonction du procédé d’extraction de la plante.
Envoi des échantillons pour les analyses physico-chimiques : Séparations/Microsystèmes, Spectroscopie/Spéciation, RMN, Spectrométrie de Masse Biomoléculaire, Chimiométrie/Modélisation Chimie Théorique, Thermodynamique/Analyse en ligne, … Les analyses seront réalisées par des laboratoires tels que :
- l’Institut des Sciences Analytiques Lyon-Villeurbanne http://isa.cnrs.fr
- l’UMR 5180 Sciences Analytiques Université Lyon 1 – CNRS. Directeur : P. Lantéri lanteri@cpe.fr
- Production de Médicaments Traditionnels Améliorés (MTA) : exemple du touloukouma.
Un autre objectif du laboratoire d’ethnopharmacologie est la préparation de MTA.
Exemple : (1) réintroduction du Carapa procera (cette espèce est en danger d’extinction du fait d’une surexploitation des arbres pour le bois d’œuvre), et (2) création d’une unité de fabrication de l’huile de müchür de qualité contrôlée et d’un prix accessible.
Le Carapa procera est exploité uniquement sous forme d’un produit forestier non ligneux (PFNL), l’arbre n’étant pas exploité comme bois d’œuvre


Graines et une pépinière de Carapa procera (cliché FAO).

Graines et une pépinière de Carapa procera (cliché FAO).
Graines de Carapa procera, huile et savon. Les graines sont collectées et on extrait une huile qui est ensuite utilisée comme produit répulsif, pharmaceutique ou huile de massage en cosmétique (cliché Pierre-Michel Forget. www.carapa.org).
Ce projet offre plusieurs avantages significatifs :
- validation des connaissances ancestrales élément du patrimoine culturel
- protection contre une exploitation illégale des arbres
- création d’emploi à plusieurs niveaux
- accessibilité pour la population d’un médicament devenu rare et donc cher
- possibilité d’exportation (+ dossiers administratif et technique pour l’obtention d’une AMM
Autorisation de Mise sur le Marché) et partage équitable des royalties issues de sa valorisation
- protection et conservation de l’environnement naturel et de la biodiversité
Ainsi, à travers l’exemple du touloukouma, la Fondation Michel Adanson peut apporter sa contribution de taille au développement humain durable au Sénégal.



Carapa procera (dessin de J. Berhaut, d’Aubreville et de Vanden Berghen de la NFIS p. 1366).
Usages (NFIS). - D’après Vanden Berghen les diolas utilisent le Carapa procera (nom local bu fopay) comme un excellent remède contre la toux, appelé « müchür », tiré des graines (ga hunum) de l’arbre (bu hunum). Le müchür, ou mukir est une liqueur huileuse utilisée comme cosmétique dans une grande partie du Sénégal. En pays diola, la recette de la potion est connue de tous les villageois. L’arbre, protégé lors des défrichements, produit des fruits sphériques, qui tombent sur le sol à maturité. Ils sont placés sur une planche qui se trouve au-dessus du foyer. Ils y deviennent bien secs ; de plus la fumée dégagée par le feu écarte les insectes. Les graines sont mises dans une marmite qui est sur le feu et dont le fond est tapissé de sable déjà chaud. On remue pendant quelques minutes avec une louche en bois. Lorsque les graines qui étaient blanches, commencent à noircir, on les enlève de la marmite pour les piler dans un mortier. La pâte ainsi obtenue est placée dans une marmite contenant de l’eau que l’on fait chauffer, jusqu’à la formation d’un liquide huileux : c’est la liqueur amère, le müchür, qui est soigneusement recueillie avec une petite calebasse. Le müchür est utilisé en de nombreuses occasions : on s’en frotte la poitrine et le dos pour soulager les quintes de toux ; instillé dans les narines pour guérir le rhume ; les femmes s’en frottent la peau. Les lutteurs l’utilisent avant un combat. Le müchür placé dans une coquille de yet (Cymbium) est utilisée dans les cérémonies de la naissance. L'huile fait d'ailleurs partie de l'arsenal thérapeutique des alaka (chirurgiens diolas), qui après leurs interventions en enduisent d'abord les membres du malade et pratiquent plus tard des massages pour faciliter les mouvements de rééducation.
Compte tenu de leurs caractéristiques, il est difficile pour les savoirs traditionnels d’être protégés par les systèmes classiques de protection de la propriété intellectuelle. En effet, les conditions de brevetabilité (nouveauté, activité inventive et application industrielle) sont difficilement conciliables avec la nature des savoirs traditionnels. Si dans bien des cas, ils peuvent donner lieu à une exploitation industrielle, il faut reconnaître que leur ancienneté s’oppose au critère de nouveauté ; le fait qu’ils soient décrits dans des ouvrages tels la Flore illustrée du Sénégal (J. Berhaut) et la Pharmacopée traditionnelle sénégalaise (Kerharo) s’oppose à la condition de l’activité inventive. Ainsi en marge du système de protection internationale, c’est à juste titre que les tradipratitiens peuvent s’inquiéter de détournement abusif de leurs savoirs.
C’est environ depuis le Convention des Nations-Unies sur la biodiversité en 1992, plus communément connue sous le nom de Convention de Rio que la communauté internationale et les pays en voie de développement se sont mobilisés pour la recherche d’une protection des savoirs traditionnels. La Convention sur la Diversité Biologique (CDB) est contraignante, c’est-à-dire d’application obligatoire, par les états qui l’ont ratifiée. Son objet est triple : « la conservation de la diversité biologique, l’utilisation durable de ses éléments et le partage juste et équitable découlant de l’exploitation des ressources génétiques ».
Le champ de la CDB est large car elle couvre les trois niveaux de la diversité biologique : les écosystèmes, les espèces et leur diversité génétique. A cela s’ajoute la reconnaissance des savoirs, innovations et pratiques des communautés locales qui contribuent à la conservation locales qui contribuent à la conservation et à l’utilisation durable de la diversité biologique.
Il demeure que la protection des droits de propriétés intellectuelle en relation avec les savoirs traditionnels demeure problématique.
La Fondation Michel Adanson va développer une stratégie de protection des droits de propriétés intellectuels des détenteurs de savoirs en matière de pharmacopée africaine. Cette stratégie devra reposer sur un certain nombre de principes fondamentaux.
En premier lieu, les connaissances traditionnelles sont souvent porteuses d’une forte sensibilité culturelle et le recours à des règles exigées par les traditions est d’une importance capitale. On doit reconnaître que les connaissances traditionnelles ne sont pas des res nillus, des choses sans maîtres. Il faut donc partir du postulat que les droits des dépositaires de connaissances traditionnelles doit être promus et protégés.
Ce constat a pour conséquence de structurer la Fondation Michel Adanson en (1) son conseil constitué de scientifiques et d’experts sénégalais et (2) ses membres constitués de tradipraticiens détenteurs des savoirs en matière de pharmacopée traditionnelle africaine.
Si l’exploitation des connaissances et l’accès aux ressources sont susceptibles de générer des richesses et une économie, il importe que le principe du partage équitable soit le règlement de base dans le fonctionnement de la Fondation. Si les détenteurs de savoirs se savent reconnus, respectés et récompensées, et protégés par une Fondation reconnus d’intérêt publique, la coopération avec des scientifiques voir les industriels ne pourra que se développer.
Par ailleurs, la protection de savoirs en matière de pharmacopée traditionnelle devra privilégier la souplesse, l’efficacité et l’accessibilité des populations à la protection envisagée. Il faut éviter la « bureaucratie » et pouvoir imaginer des règles simples à mettre en œuvre (publications scientifiques, articles de vulgarisation, communiqués de presse, etc.). Il n’est pas rare que les législations existantes restent inefficaces parce que trop lourdes à mettre en œuvre ou parce que les mécanismes prévus pour leur application ne correspondent pas aux réalités vécues. Il ne suffit pas seulement de légiférer, il faut que la réglementation puisse être (facilement) applicable.
La mise en place de la CDB amorce un tournant décisif dans la conception de la biodiversité et dans son statut juridique. Jusque-là, elle était considérée comme bien commun de l’humanité, à la libre disposition de tout un chacun pour un usage scientifique ou industriel. Il était ainsi possible d’aller dans un pays, d’y collecter des plantes et de les utiliser pour développer, par exemple, des médicaments, sans payer aucune redevance à quiconque. L’acquisition de ressources biologiques et du savoir traditionnel s’effectuant sans recueil préalable du consentement de la part de ceux qui se reconnaissent comme détenteurs de ces ressources et de ces savoirs est accusée de bio-piraterie. Le scénario de la bio-piraterie est simple : des chercheurs européens ou américains prélèvent des plantes en Afrique. Ils préparent à partir des extraits de ces plantes des principes actifs connus depuis des « générations » par les tradipraticiens. Puis pour faire reconnaître et protéger leur travail et leur innovation, ils demandent un droit de propriété intellectuelle, généralement un brevet. Enfin une firme multinationale pharmaceutique ou agrochimique achète le brevet dont elle est censée tirer des revenus illimités.
La CDB amorce une « privatisation » de la biodiversité en la plaçant sous la souveraineté des états, qui peuvent seuls en autoriser l’accès et l’usage qui en sera fait. Elle devient ainsi une ressource ayant une valeur économique potentielle et quantifiable.
La Fondation Michel Adanson, de droit sénégalais, reconnue d’intérêt public, assurera le partage juste et équitable des revenus tirés des avantages des ressources végétales ; elle associe un objectif environnemental, un objectif économique et un objectif social. L’exploitation du savoir des tradipraticiens, sans leur accord, est jugée illégale, quelque soit l’état de la législation nationale du pays d’origine des ressources, et s’apparentent à un vol. La Fondation Michel Adanson dénoncera ces agissements, réels ou supposés (les artifices juridiques de ces multinationales sont très subtils, souvent légaux d’un point de vue du droit international). Elle revendiquera le droit des peuples sur leurs ressources et leurs savoirs, et engagera des demandes de dédommagements, d’intéressement aux bénéfices, pour les Etats et les populations, qui sont opposées à cette forme de piraterie. La Fondation s’assurera que pour récolter des ressources (plantes, microorganismes, …), il faut dorénavant des autorisations compétentes dans le cadre de contrats garantissant au pays d’origine des retombées économique favorisant son développement (paiements directs, pourcentage sur les ventes des produits développés, transfert de technologie, formation, …). Toute dérogation à ce principe est qualifiée de bio-piraterie.
Pour en savoir plus:
- Convention de Rio : www.biodiv.org
- Union Internationnale pour la Conservation de la nature : www.iucn.org
- Convention de Ramsar (protection des zones humides) : www.ramsar.org
- FAO (traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation) : www.fao.org/ag/cgrfa/itpgr.htm
- Bureau des ressources génétiques : www.brg.prd.fr
A l’heure actuelle, seule une infime partie des connaissances sur le Flore du Sénégal sont numérisées. L’écrasante majorité se trouve toujours sous forme de documents papier uniquement, et la saisie informatique de ces informations n’était guère envisageable. Le projet NFIS essaye justement de s’attaquer à ce problème, en réunissant sous forme d’un eBook format PDF, textes et images relatifs aux informations disponibles sur le Flore du Sénégal. Deux exemples de données ont été utilisés : le premier s’inscrit dans la valorisation des espèces de plantes Dicotylédones présentes au Sénégal et dans les pays limitrophes (Mauritanie, Guinée-Bissau, Guinée et Mali). Le second s’inscrit dans la valorisation des espèces de plantes Monocotylédones en explorant les fonds botaniques concernant les flores de l’Afrique de l’Ouest (incluant les territoires du Libéria et de la Sierra-Leone, jusqu’au Niger et Burkina-Faso) ; il est vraisemblable que de nombreuses espèces monocotylédones et de Ptéridophytes ouest-africaines, jamais décrites jusqu’à ce jour au Sénégal, appartenant particulièrement aux Graminées, Cypéracées, Orchidacées, etc. existent sur ce territoire. La Flore du Sénégal reste une source inépuisable d'opportunités pour de nouvelles études et ce sont les nouvelles générations de botanistes qui s’attaqueront à ces recherches.
L’utilisation de la Flore du Sénégal de Berhaut a découragé nombre de jeunes botanistes ; elle présente différentes contraintes, en utilisant une terminologie technique difficile à comprendre et en procédant par clé dichotomique qui ne tolère pas d’erreur, ni l’absence de réponse. De plus, la clé nécessite généralement de renseigner un grand nombre de caractère avant d’arriver à la réponse.
La NFIS a été conçue pour aider les jeunes botanistes à identifier les plantes, facilement et avec une grande précision scientifique, grâce à une approche multifactorielle d’identification botanique (diagnoses, dessins, noms vernaculaires). Les fiches descriptives sont des pages au format PDF donnant le nom scientifique accepté ainsi que ses différents synonymes et noms communs. Une série de dessins portant sur différents organes caractéristiques illustrent la plante. Des informations sur la biologie, l’écologie, les usages sont plus ou moins détaillés. Pour l’ensemble de ces descriptions et informations, l’utilisation d’un minimum de termes techniques est nécessaire ; aussi, chacun d’entre est défini dans un lexique des termes de botanique permettant d’obtenir une définition illustrée pour en faciliter la compréhension. L’utilisateur, en fonction de son degré de connaissance de la botanique ou de ses objectifs d’utilisation, peut préférentiellement prendre en compte l’un ou l’autre de ces éléments. La NFIS allie un libre choix de cheminement, par familles botaniques, au travers d’une approche entièrement graphique, ou purement linguistique grâce aux index multilingues.
L’arrivée du multimédia ouvre de nouvelles opportunités pour construire ses propres outils de travail. La connaissance des noms scientifiques grâce à la NFIS permet l’accès à des informations complémentaires sur les espèces via Internet (cf. West African Plant Database, ALUKA : bibliothèque numérique de ressources scientifiques venant et traitant de l’Afrique).
Ainsi, les informations recueillies sur Internet permettront à quiconque de développer ses propres applications.
La Fondation Michel Adanson s’engagera à favoriser la diffusion des Ebooks NFIS dans les collèges et les lycées du Sénégal (ministères de l’Education nationale et de l’Environnement). L’édition de DVD – contrairement à une édition sur papier – peut être réalisée à de très faibles coûts.
La fondation Michel Adanson, avec l’aide des descendants de Michel Adanson, des laboratoires (Malacologie, Ichtyologie, Cryptogamie) du Muséum National d’histoire Naturelle de Paris envisage de créer un musée consacré à la vie et à l’œuvre de Michel Adanson. Ce musée présentera la collection vivante des coquillages décrits par Adanson dans l’Histoire Naturelle du Sénégal, le bichir du Sénégal dans un aquarium d’eau douce, les plantes de l’herbier Adanson et de nombreux objets qu’Adanson se promettait de publier dans son Histoire Naturelle du Sénégal.

Histoire des quadrupèdes

Galago senegalensis
Michel Adanson, pionnier de l’Ornithologie africaine

Rollier d’Abyssinie . Texte d’Adanson : Segal des Oualofs. Nouveau genre de rollier le plus commun du Sénégal. A queue fourchue. Bleu et azur à dos roux (cliché J. Mugnier et A. Manga, Enampor © Fondation Michel Adanson).
Michel Adanson, fondateur de la malacologie (science des Mollusques)


Yet. Histoire Naturelle du Sénégal. 1757. Cliché J. Mugnier © Fondation Michel Adanson


Kambeul. Histoire Naturelle du Sénégal. 1757. Cliché J. Mugnier © Fondation Michel Adanson.
L’œuvre ichthyologique de Michel Adanson

Silure trembleur, ouaniar des Wolofs, dans l’herbier de poissons de M. Adanson du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (cliché J. Mugnier © Fondation Michel Adanson).

Bichir du Sénégal, dans l’herbier de poissons de M. Adanson du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris (cliché J. Mugnier © Fondation Michel Adanson).

Bichir dans un aquarium

Crabe jaune (cliché J. Mugnier, langue de Barbarie © Fondation Michel Adanson).
Les Cartes de Michel Adanson

Carte du Fleuve Sénégal dressée par Michel Adanson.


Carte générale de la Concession du Sénégal dressée par Michel Adanson (détail).
L’œuvre géologique de Michel Adanson

Les fers météoriques du Siratik.
Michel Adanson, philosophe, sociologue et linguiste

Femme maure

Jeune fille sénégalaise. Cliché J. Mugnier, vers Saint-Louis © Fondation Michel Adanson
Taxonomie adansonienne

- Voyage au Sénégal de Michel Adanson (version française)
- Voyage to Senegal by Michel Adanson (version anglaise)
- Ebook Nouvelle Flore illustrée du Sénégal et des régions voisines (dicotylédones)
- Ebook Nouvelle Flore illustrée du Sénégal (monocotylédones)
A paraître : Ouvrages de Michel Adanson (réédition de Familles des Plantes, Planches des Coquillages, Herbier de plantes) …

Membres du Conseil :
- Kane Farba, Graphiste Webdesigner, responsable de la communication visuelle, Société Méthodik Agence de Communication Publicitaire (Dommartin, France) contact@methodik
- Manga Adrien. Guide touristique, expert en ornithologie (Enampor, Sénégal) adriendemanga@yahoo.fr
- Mugnier Jacques, né le 14-11-1952, à Frangy (Haute-Savoie), biologiste, expert en biotechnologie (Lyon, France) michel.adanson@free.fr
- Ndao Pap, né le 26 juin 1952 à Kaolack, juriste, ancien secrétaire de la Chambre de commerce de Diourbel, promotion des PMI et des PME (Dakar, Sénégal) papendao52@yahoo.fr
- Ndiaye Paul, professeur à l’Université Cheick Anta Diop. Département de Géographie (Dakar, Sénégal) paulndiaye1@yahoo.fr
- Ngandoul Blaise, né le 7 mars 1959, à Djivent, prêtre à la paroisse St Augustin de Lindane (Ziguinchor, Sénégal) ngandouland@yahoo.fr
- Sy Mame Thierno Aby, médecin-colonel, conservateur du jardin botanique de Mbour-ENDA MADESAHEL (Dakar, Sénégal) aby_sy@yahoo.fr
Membre d’honneur :
Courteix-Adanson Louise, descendante à la 7e génération de Michel Adanson, propriétaire de l’arborétum de Baleine (Allier, France), créé par la fille de Michel Adanson, Aglaé Adanson, en 1803. arboretum.balaine@wanadoo.fr
Membres de la fondation Michel Adanson
- Biagui Hervé, né le 08-09-53, à Brin (Ziguinchor, Sénégal). Tradipraticien. Maçon, domicile : Ziguinchor.
- Diatta Houmakaïla, né vers 1933 à Djivente, département d’Oussouye. Tradipraticien, cultivateur, domicile : Djivent.
- Diatta Koussémembo, né vers 1933 à Djivente, département d’Oussouye. Tradipraticien, cultivateur, domicile : Djivent.
- Diatta Nicolas, né vers 1940, à Kaléane, arrondissement de Nyassia (Ziguinchor, Sénégal). Tradipraticien, agriculteur à Djibelor.
- Diédhiou Tiburce. Né le 18 avril 1942, à Bignona, Paroisse St Augustin Lindyane, à Ziguinchor. Tradipraticien. Tradipraticien.
- Diatta Sifokénéné, né vers 1946 à Djivente, département d’Oussouye. Tradipraticien, cultivateur à Djivent.
Diop Amsata François Diop, né le 19 février 1966 à Ziguinchor de Abdoulaye Sagar Diop et de Amy Mané, maçon, domicile : Ziguinchor
- Lepeur Babacar, né le 05-07-59, à Sédhiou (Sénégal) – décédé le 09 décembre 2008, à Ziguinchor. Tradipraticien, chauffeur à la Sonacos.
- Manga Mariama, née le 07-06-58, à Enampor (Ziguinchor, Sénégal). Fille de Bintou Tendeng et de Afilédio, roi d’Enampor. Tradipraticienne, domicile : Ziguinchor.
- Manga Sécoré, née vers 1931 à Enanpor. Tradipraticienne (spécialiste des maladies des femmes), domicile : Enampor
- Ngandoul Charles, né vers 1933 à Djivente, département d’Oussouye (Ziguinchor, Sénégal). Tradipraticien, domicile : Ziguinchor.
- Pouye Modou, né à Nianing (Sénégal), cultivateur. Guérisseur, lecteur de cories.
- Gabriel
- Gomis Ambroise, né le 12-12-76 à Baraff, mécanicien. Tradipraticien
- Tendeng Léger, né le 23-09-73 à Ziguinchor, de Pierre Claver et de Marie Tendeng, animateur radio Dunnya Ziguinchor legertendeng@hotmail.com
- Goudiaby Michel, né le 05-02-65 à Katouré, agent commercial, de Georges et de Rose Diatta. Boucotte Sud Ziguinchor. Tradipraticien
- Nankasse Moïse, né le 21-01-66 à Kolda, opticien, de Simon et Anne-Marie Kenny. Avenue Emile Badiane Boucotte, Ziguinchor
- Mendy Laurent, né le 30-06-62 à Darsalam, cultivateur, de Diong et Thérèse. Etage Grand-Yoff Ziguinchor
- Sagna Ansoumana, né le 02-01-67, chauffeur de taxi, de Kéba et de Angal Coly. Boucotte Ouest Ziguinchor
- Thomas Gomis, né vers 1958 Ziguinchor, mécanicien, de Lys Gomis et de Mariama Mendy. Grand-Dakar Ziguinchor
Loi n° 95-11 du 7 avril 1995 Instituant la Fondation d’utilité publique au Sénégal.
Une charte de la protection de la nature en Afrique tropicale par A. Aubréville (Inspecteur Général des Eaux et Forêts de la France d’Outre-Mer). Revue Bois et Forêts des Tropiques, n° 34, Mars-Avril 1954.
André Aubréville, précurseur du développement durable par Annette Lexa-Chomard. Pour la Science n° 35. 2008.
Convention on International Trade in Endangered species of Wild Fauna and Flora http://www.cites.org/
Le site web de la FAO sur la désertification
http://www.fao.org/desertification/default.asp?lang=fr
La convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification
http://www.sommetjohannesburg.org/contributions/frame-deser.html
Consensus Scientifique sur la Désertification
http://www.greenfacts.org/fr/desertification/